Ligne Saint-Paul-lès-Dax - Léon

Ou concession Bertrand Geoffroy
 1840-1880
 
Officiellement désignée sous les termes de "Chemin à rails en bois entre Saint-Paul-lès-Dax et les forêts de pin de Marencin (sic) dans la commune de Léon" la ligne concédée à Bertrand-Geoffroy était la plus ancienne, celle qui devait servir plus ou moins de modèle et dont l'histoire serait la plus longue, 40 ans (1840-1880).

 

Métallurgiste venu des Ardennes, Bertrand-Geoffroy avait relevé les forges d'Abesse, complété Poustagnac avec un laminoir à tôle, surmonté l'opposition de plusieurs grands négociants de Bayonne et de Dax, essayé de s'associer avec Dubourg, maître de forges à Castets, puis constitué en 1838 la Société des hauts-fourneaux, forges et laminoirs de l'Adour dont relevaient aussi les établissements de Magescq, Licharacq et La Cagnotte.

Il est bien représentatif de ces capitalistes qui restaient encore de grands propriétaires terriens : il pourra construire sur ses propres terres 20 km de voie entre Abesse et Magescq !

Il s'était arrêté à l'idée d'établir un chemin à rails de bois qui trouverait à peu de frais et sur son passage même les éléments de sa construction. Il a voulu s'assurer du résultat par l'expérience d'une année sur un chemin de 300 m destiné aux transports des minerais du lavoir aux hauts-fourneaux. Le chemin ayant fonctionné d'une manière satisfaisante, il résolut de l'établir sur une plus grande échelle.

 

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Le chemin partira de Saint-Paul, d'un point voisin du bord occidental de la route royale n°10 de Paris à Bayonne ; il ira passer près de l'usine de Poustagnacq et des forges d'Abesse, traversera la route royale n°132 et se terminera à 5 km environ de cette route, sur le territoire de la commune de Léon.

En 1856, le chemin était construit sur 36 km. Partant de Gélibert, il passait par Poustagnacq, La Courbe, Abesse sur la commune de Saint-Paul-lès-Dax, puis Labèque, Bernardon, Gnoy, la Grue sur le territoire de la commune de Magescq (là, à la traversée de la route 132, était installée une grue servant au chargement des bois entreposés et au déchargement des lingots de fer et de fonte venus d'Abesse à destination du groupe de Magescq) et se prolongeait vers Juntranx et Léon pour aboutir à Galoppe.

Ce tracé emprunte les endroits les plus élevés, une sorte de ligne de crêtes, évitant les bas-fonds où coulent les ruisseaux et stagnent les eaux marécageuses.

 

La ligne en 3 cartes :

 

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Saint-Paul-lès Dax

 
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Magescq
 
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 Aux abords de Léon
 
Les wagons, à raison d'une quinzaine de convois par jour, circulaient sur ce chemin de bois, comportant des garages disposés tous les 1 500 m pour permettre le croisement des convois, ou le dépassement des convois légers par les convois lourds, prioritaires.
 
Un magasin en planches, attenant à la 'gare', terminait le parcours aux abords de la route impériale n°10 (pour les locaux, au carrefour de la rue Gellibert). Là, trois voies desservaient des hangars pour le stockage des pièces de fonte qui étaient expédiées soit par la route, soit par l'Adour.
 
Vers 1854, les revenus de l'exploitation du Saint-Paul - Léon commençaient à baisser. Mais de 1840 à 1848, ils avaient été remarquables. Le produit net s'était élevé alors jusqu'à 30 000 francs par an et au-delà. Bertrand-Geoffroy se permit même d'accorder des tarifs réduits par rapport au cahier des charges. Mais cette baisse des prix va trop loin, imposée par la concurrence du roulage des muletiers. Pire, l'amélioration de la route n°132 (à laquelle Bertrand-Geoffroy participe) aggrave la concurrence des muletiers et bouviers. De plus, les difficultés financières s'annoncent, accentuées certainement par la crise traversée par la métallurgie landaise entre 1848 et 1852 : les usines landaises voient alors se réveiller la concurrence des grandes entreprises des régions minières, momentanément privées des commandes de rails et coussinets pour les chemins de fer, dont la construction subit un ralentissement.

 

 

Dès 1849, la société créée en 1838 se met en liquidation et la concession est vendue aux enchères. La nouvelle société est dirigée par le sieur Launé, marchand de grain à Dax aux côtés du fils de Bertrand-Geoffroy, Adolphe. Même après le retrait de ce dernier, l'affaire paraît encore assez lucrative vers 1856 pour qu'on la défende avec âpreté contre la concurrence de la ligne Saint-Paul-lès-Dax - Castets, dont l'origine était en vérité toute différente. 

 

 

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 Ligne Saint-Paul-lès-Dax - Castets

 

 

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